On utilise communément les termes de troubles dys pour parler des TSLA.
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages regroupent en effet la dyslexie, la dyspraxie, la dysphasie, la dysorthographie et la dyscalculie. Par ailleurs, ils incluent également le TDAH.
Les TSLA ou troubles dys sont des troubles du neuro-développement. Nous allons donc commencer par une définition des TND avant de nous concentrer sur les TSLA.
Des troubles appartenant aux TND
Tout d’abord, pour mieux comprendre ces troubles, il est utile de préciser qu’ils appartiennent aux troubles du neurodéveloppement (TND). Selon le site ameli.fr, on parle de TND lorsque les 4 critères suivants sont présents :
- L’un des domaines du développement est déficitaire (motricité, langage, habiletés sociales…)
- Les troubles impactent l’enfant ou l’adulte dans différents contextes que ce soit à la maison, à l’école, au travail…
- Les premiers signes sont apparus tôt et s’installent dans le temps (certains signes peuvent être cependant camouflés par une adaptation sociale)
- On les dit spécifiques c’est à dire qu’on ne les explique pas par d’autres troubles sensoriels, neurologiques ou environnementaux (épilepsie, déficience visuelle, surdité, cadre familial difficile)
Les TND regroupent les troubles du spectre de l’autisme (TSA), les troubles du développement intellectuel (TDI) et les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA).
On sous-catégorise ensuite les TSLA en fonction des domaines impactés.
Parmi les TSLA, on retrouve ce qu’on appelle les troubles “dys” mais aussi le TDAH.
Sur quoi portent les TSLA ou troubles dys ?
Comme nous l’avons vu dans l’article sur la neuroatypie, il est assez régulier de constater des comorbidités. La personne peut éprouver des difficultés majeures dans plusieurs domaines. Cependant, cela ne porte pas sur l’ensemble. C’est pour cela que l’on parle de troubles spécifiques.
Les capacités des élèves et des adultes s’avèrent en-deçà des attendus de la classe d’âge.
Les personnes ayant des troubles dys représentent entre 6 à 8 % de leur classe d’âge.
Les TSLA portent sur un ou plusieurs des domaines ci-dessous.
- Le langage
- La coordination motrice
- L’attention
- La perception
- La mémoire
- Les fonctions visuo-spatiales
- Les fonctions exécutives
Les travaux du comité scientifique de la FFDys (fédération française des Dys) sont assez éclairants sur la classification et la définition des TSLA.
Classification des TSLA
On voit tous à peu près ce que peut être la dyslexie. En revanche, les autres formes de troubles dys restent assez énigmatiques pour la plupart des gens.
Le guide de la HAS (Haute Autorité de Santé) explique assez bien les différents troubles et leur classification en fonction des domaines impactés.
Dysphasie
Plus simplement appelés dysphasie, les troubles développementaux de la parole et du langage se caractérisent par des difficultés notables à comprendre et produire un message oral.
Ainsi, les personnes souffrant de dysphasie éprouvent des difficultés à exprimer un message clair ou comprendre le message entendu. Les difficultés sont notamment liées à une mauvaise perception des sons (phonologie) ou à construire ses phrases (syntaxe). Comprendre un terme ou une expression en fonction du contexte de son emploi peut révéler une réelle complexité (la pragmatique).
Dyspraxie
La dyspraxie porte quant à elle sur le geste. Aussi appelée troubles développementaux de la coordination (TDC), elle se caractérise par des difficultés à coordonner ses gestes.
Ces derniers peuvent par ailleurs être plus lents et maladroits. En conséquence de quoi, le geste graphique peut poser une grande difficulté. Il peut notamment être source de douleur. Certaines tâches quotidiennes telles que s’habiller, mettre la table peuvent être impactées.
TDAH
Les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité-impulsivité sont souvent distingués des troubles dys. Toutefois, comme nous l’avons vu l’attention est l’un des domaines considérés dans la classification des TSLA.
Le déficit d’attention doit être durable, plus intense et plus fréquent que celle de la classe d’âge.
Les personnes relevant du TDA avec ou sans hyperactivité ont souvent des difficultés à hiérarchiser les informations et les tâches.
Troubles développementaux des apprentissages
Dyslexie
Il s’agit ici des troubles spécifiques de la lecture. Cela impacte la fluence et la précision de la lecture. Des confusions de sons sont ainsi assez courants. Le lecteur maitrise assez mal sa compréhension générale des textes lus.
Là encore, il faut prendre en compte la classe d’âge. En effet, j’entends régulièrement des parents s’inquiéter d’une dyslexie pour leur enfant de maternelle. Or, certains sons peuvent être confusants pour l’ensemble de la classe d’âge. D’autre part, si l’enfant n’est pas lecteur, il faudra davantage s’intéresser à une éventuelle dysphasie si les difficultés sont importantes.
Dysorthographie
Les troubles spécifiques de l’expression écrite, communément nommés dysorthographie, portent sur les difficultés de rédaction.
L’élève ou l’adulte assimile avec difficultés l’orthographe et la grammaire. Il a également du mal à percevoir la respiration du texte ce qui rend difficile l’emploi de la ponctuation. On retrouve généralement des textes sans la moindre présence de points ou de virgules.
Enfin, la dysorthographie impacte également la cohérence et l’organisation du texte. Les personnes dysorthographiques ont souvent des difficultés à planifier en amont leur texte et à respecter leur plan lors de la rédaction.
Dyscalculie
Ainsi, en numération, le chiffre 4 peut être difficile à rendre concret et inversement. Le basculement du concret (j’ai 4 cubes devant moi) à l’abstraction (le chiffre 4 écrit) n’est pas évident. Cette difficulté que l’on rencontre régulièrement au moment des premiers apprentissages perdure et devient particulièrement handicapante lorsque l’élève travaille sur les grands nombres.
Le calcul mental est également impacté. Les calculs, mêmes simples, ne sont pas fluides. L’enfant ou l’adulte “bloque” sur son calcul même si la notion a été vue et précédemment réussie.
Enfin, le raisonnement mathématique est complexe. Le sens de l’addition et de la soustraction peuvent ainsi être confus. Lors de la résolution de problème par exemple, l’enfant aura tendance à éprouver des difficultés à choisir le type d’opération à effectuer.
Pour aller plus loin…
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’accompagnement des troubles dys, je vous invite à consulter l’article sur la prise en charge par les professionnels de santé.
Vous découvrirez ainsi les spécificités de certains spécialistes et ce qu’ils peuvent proposer en termes d’accompagnement thérapeutique en fonction des difficultés rencontrées.
Pour en savoir plus sur le TSLA, je vous invite également à découvrir cet article du CHRU de Nancy.
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